A la rencontre de nos success stories / interview de Roland Sicard, fondateur et PDG de La Valériane

Information updated on 18/03/19

« Associer la technologie et l’humain, c’est la clé du succès »

Roland Sicard et Clément Sicard - La Valériane©David Crespin

Roland Sicard, fondateur et PDG de La Valériane, et Clément Sicard, directeur commercial et marketing ©David Crespin

La Valériane, fondée par Roland Sicard en 2008, crée des solutions numériques innovantes pour accompagner les individus dans leur parcours de santé. Par exemple, EMA-Care, destinée à améliorer l’aide et le soin des personnes âgées à domicile, ou le Bilan Santé Stress pour la prévention des risques psychosociaux. L’entreprise montpelliéraine a conquis de nombreux clients dans le secteur de la santé, mais aussi La Poste, la Cnav Ile-de-France, des collectivités et des entreprises de toute taille. En 2018, elle réalise un chiffre d’affaires d’un million d’euros avec treize salariés.

Pourquoi avez-vous choisi Montpellier ?

Je suis montpelliérain depuis 1986. J’y ai fait toutes mes études universitaires et la plus grande partie de ma carrière, en particulier comme directeur général adjoint du Centre régional de lutte contre le cancer Val d’Aurelle (devenu l’Institut du cancer de Montpellier) de 1993 à 2010. J’ai fondé La Valériane à Montpellier parce que notre écosystème de recherche en santé n’a rien à envier à ce qui existe ailleurs en la matière, même au niveau mondial. Le CHU de Montpellier, l’université, les laboratoires de l’Inserm et du CNRS…, sont de haut niveau. L’écosystème numérique montpelliérain est également remarquable, avec IBM, les écoles d’ingénieur, etc. Les deux ingrédients dont nous avons besoin sont réunis, dans une métropole qui en outre ne cesse de se développer et de croître, et qui soutient les startups.

Quel a été le principal apport du BIC de Montpellier et de ses équipes dans votre réussite ?

Nous avons rejoint la pépinière Cap Omega en 2014 et nous y sommes restés jusqu’en 2017. Le BIC de Montpellier nous a accompagnés dans notre développement pendant ces trois années. Cela nous a permis de faire une levée de fonds, de passer de trois à treize salariés et de tripler notre chiffre d’affaires. Quand nous sommes arrivés à Cap Omega, La Valériane était une structure de R&D dont la trésorerie s’asséchait. Elle s’est transformée en entreprise, avec une double activité R&D et commerciale. Les conseillers du BIC de Montpellier nous ont mis en contact avec Soridec, qui est entrée au capital en 2014-2015. Nous avons suivi des formations, appris à développer un plan marketing, un réseau de distribution. Nos logiciels n’ont pas d’équivalent sur le marché mondial, il faut les faire connaître et reconnaître, avec méthode, pas à pas. Le BIC de Montpellier nous a évité des faux pas, des erreurs d’appréciation. C’est aussi à cette période que nous avons commencé notre développement international, grâce à la levée de fonds. Nous avons déposé un brevet mondial pour notre solution EMA-Care, destinée à améliorer l’aide et le soin de la personne âgée à domicile. Et nous avons créé une filiale aux Etats-Unis. Des accords avec des distributeurs américains et canadiens nous ont permis de vendre certaines de nos solutions outre-Atlantique.

Quel conseil donneriez-vous aux jeunes qui veulent créer leur entreprise ?

Il faut des qualités humaines. Les plus importantes : la persévérance, car on vit des moments très durs où il ne faut pas baisser les bras ; et l’humilité, pour accepter les critiques et les conseils des autres, par exemple sur le business plan tel qu’on l’a rêvé. Il faut savoir s’entourer et écouter même ce qui ne fait pas plaisir et qui effraie. Il y a trois paliers à franchir. D’abord, la phase R&D avec la première levée de fonds. C’est la phase la plus facile, on a des idées, la capacité d’innovation, le capital de départ. Si on réussit, il faut arriver à valoriser et distribuer le produit ou service qu’on a créé, trouver le bon business model et des fonds. C’est la phase du « désert de la mort », comme disent les Américains. Si on n’a pas assez d’eau et de carburant, la startup risque de dépérir. La troisième phase est celle de la croissance. Il faut apprendre à gérer une entreprise d’une dizaine de salariés qui continue la R&D et qui vend ses produits et services, en assurant sa rentabilité. On passe des seuils. Et on doit prendre des décisions concernant le capital de l’entreprise, envisager de s’associer avec des industriels. Le destin de l’entreprise va se jouer.

Comment imaginez-vous l’entreprise innovante de demain à Montpellier ?

Elle doit être technologique, informatique, c’est indispensable. Elle doit aussi être humaine, créer des services qui ont du sens pour nous, faire appel aux émotions, favoriser les échanges… Associer la technologie et l’humain, c’est la clé du succès. Montpellier est un magnifique laboratoire humain, où sont visibles tous les enjeux de l’environnement urbain et rural, ou du vieillissement des personnes âgées. Le pôle de santé et l’écosystème numérique favorisent l’innovation.
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