A la rencontre de nos success stories / interview de Alix Roumagnac, président de Predict Services

Information mise à jour le 14/02/19

« Il faut allier innovations, agilité et valeurs humaines »

Alix Roumagnac, président de Predict Services

Alix Roumagnac, président de Predict Services

Alix Roumagnac a fondé en 2006 Predict Services pour aider les gestionnaires de risques à anticiper les crises, à les gérer et à en tirer des enseignements. L’entreprise assure une veille hydro-météorologique permanente pour ses clients et continue d’innover. Elle lance, début 2019, des services remarquables qui facilitent les prises de décision de ses partenaires : 30 000 communes, des sociétés d’assurance, des sites industriels, des particuliers. Forte d’un chiffre d’affaires de 3,3 millions d’euros (2017) et d’une équipe de 30 personnes, Predict Service monte en puissance à l’international.

Pourquoi avez-vous choisi Montpellier ?

Je suis né à Bédarieux, dans l’Hérault, et j’ai fait des études d’ingénieur hydraulique à Polytech Montpellier qui s’appelait alors l’ISIM. Je suis devenu chef de projet puis directeur chez BRL, qui est l’expert hydraulique régional en Occitanie pour le compte des collectivités. A la suite des inondations de 1999 dans l’Aude et de 2002 dans le Gard, l’équipe de BRL est allée à la rencontre des maires concernés pour faire un retour d’expériences et comprendre ce qui s’était passé. Les élus nous ont dit à quel point ils avaient été surpris, désemparés, et combien ils avaient été privés d’informations. J’ai eu envie de les aider. C’était une période d’innovation technologique. Airbus, notamment, créait des outils. Météo France souhaitait avancer sur le sujet.

Quant au groupe BRL, il voulait valoriser son savoir-faire au service des territoires. Nous avons mis au point un projet et je suis allé fin 2003 au BIC de Montpellier pour le développer avec un docteur-ingénieur et un spécialiste de marketing et de communication que j’ai embauchés. Sur l’eau et la gestion des risques, Montpellier possède également un tissu d’enseignants-chercheurs et d’entreprises renommés, notamment Polytech, les masters de gestion des risques, et le pôle de compétitivité Aqua-Valley… Sans oublier une qualité de vie exceptionnelle.

Quel a été le principal apport du BIC de Montpellier et de ses équipes dans votre réussite ?

Quand on a une idée à développer, on a besoin d’innover sur tous les plans, technique, business, organisationnel. Je ne pouvais avoir cette agilité, cette souplesse et cet accompagnement dans un grand groupe. Le BIC de Montpellier, c’est l’offre parfaite quand on a une idée et qu’on veut la transformer en entreprise. Dans la pépinière de Cap Omega, on côtoyait des gens qui travaillaient sur le big data, les énergies renouvelables… Les locaux et l’accueil étaient très agréables. Un conseiller d’affaires nous accompagnait. On suivait des formations. Il y avait une ambiance stimulante dans cette phase de création d’une structure. Nous avons vécu des semaines enthousiasmantes.

Être au milieu de gens qui vivent la même chose, ça permet de tenir, d’avoir de bons conseils, formels ou informels. On est dans le même aquarium, tous échangent de manière simple, humaine. Les conseillers animent et maintiennent cet état d’esprit. On a créé la société au sein du BIC en 2006 et on est encore resté plus d’un an dans la pépinière.

Quel conseil donneriez-vous aux jeunes qui veulent créer leur entreprise ?

Le premier conseil que je donnerais, c’est de prendre le temps de bien cerner son idée pour éviter deux risques : pêcher par optimisme, ou au contraire abandonner trop vite. Il faut s’engager dans une démarche progressive qui permet de valider la transformation de son idée en modèle économique. Cela se fait par des échanges en toute transparence avec des personnes en mesure de donner des conseils, de discuter du projet, d’élaborer des scénarios positifs et négatifs. L’accompagnement d’un incubateur permet de mener cette réflexion sereinement. Cela donne aussi des opportunités, notamment celles de rencontrer des dirigeants de fonds, des capitaux-risqueurs, de trouver des financements, et plus important encore, de trouver de bons partenaires techniques et financiers.

La création d’une entreprise est très complexe et prend beaucoup de temps. Il faut être bien entouré. Malgré cela, il y a toujours une prise de risque. J’étais directeur à BRL, à la tête d’une équipe nombreuse. J’ai choisi de m’investir dans ce projet éthique, d’un enjeu majeur face aux impacts du changement climatique. C’est ainsi que je me suis retrouvé avec deux personnes dans 20 m2 au BIC de Montpellier… Je me suis laissé porter par ma passion. Aujourd’hui, je n’ai aucun regret car c’est une aventure enthousiasmante. Mais j’ai conscience que mon envie de lancer ce projet a été déterminante.

Comment imaginez-vous l’entreprise innovante de demain à Montpellier ?

A Montpellier, on ne peut pas s’accrocher à une grande industrie comme l’aéronautique à Toulouse. On peut le voir comme une force, car tout est ouvert. L’essentiel du développement est basé sur les nouvelles technologies et sur des secteurs plutôt porteurs, l’agriculture, la médecine, le tourisme. Il y a quinze ans, je pensais que l’innovation qui motivait la création de l’entreprise était la clé de sa réussite. En réalité, on a sans cesse innové ou adopté des innovations qu’il fallait rendre opérationnelles très vite pour ne pas être dépassés, par exemple la cartographie dynamique. Il faut allier innovations, agilité et valeurs humaines. C’est le triptyque de l’entreprise innovante à Montpellier. Pourquoi les valeurs humaines ont-elles une telle importance ?

Dès le départ, nous avons eu une question à résoudre : pourquoi créer une société privée pour assurer une mission d’intérêt général ? Il s’agit de sauver des vies et d’éviter d’énormes dégâts. Nous avons créé une entreprise citoyenne et élaboré une charte des valeurs. Les aspects humains sont les plus importants, car il faut être prêt à travailler à tout moment, même la nuit de Noël, à parler sereinement avec des élus très inquiets pour les guider et les rassurer. C’est un élément fondamental de la réussite.

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