A la rencontre de nos success stories / interview de Karine Puget, présidente de Genepep

Information mise à jour le 01/04/19

« Je pense que les entreprises innovantes fleuriront dans le domaine de la santé et du sport tech »

Karine Puget, présidente de GENEPEP©DR

Karine Puget, présidente de GENEPEP ©DR

Diplômée en sciences (bac+8), Karine Puget a fondé en 2003 Genepep, une société de services et produits spécialisée en chimie des peptides. Rentable depuis 2007, elle affiche un chiffre d’affaires d’environ 1,2 million d’euros (2017). Basée à Saint-Jean-de-Védas, son équipe de 8 personnes travaille pour des laboratoires académiques (Cnrs, Inserm, Institut Pasteur…), des biotechs ou des sociétés pharmaceutiques, à la synthèse et l’optimisation de ces peptides aux multiples vertus. Ils  jouent un rôle dans la régulation du cancer, de l’ostéoporose, des maladies infectieuses, mais aussi de la mémoire, du sommeil, etc

Pourquoi avez-vous choisi Montpellier ?

Comme beaucoup, je suis venue à Montpellier pour mes études à la faculté des sciences, puis à la faculté de pharmacie pour mon doctorat, et je suis tombée sous le charme de cette ville. Je suis restée à Montpellier pour créer Genepep en 2003 en raison de l'écosystème dédié à l’accompagnement des startups, de la qualité de l'environnement scientifique et de la volonté politique d'investir pour transformer toutes ces connaissances et ce savoir-faire en création d’entreprises innovantes. Montpellier est dotée de structures d'aide à la création et au développement d'entreprises innovantes de haute qualité. Il faut quand même rappeler que l'Université de Montpellier est entrée au classement mondial Nature Index Innovation et que le BIC de Montpellier a été classé 2e incubateur mondial en 2018.

Quel a été le principal apport du BIC de Montpellier et de ses équipes dans votre réussite ?

L’accompagnement du BIC de Montpellier a été déterminant pour nous à différents moments de la vie de Genepep : au tout début, grâce à l’accès à des formations à la gestion d'entreprise, car c'est un véritable cheminement et un changement complet de logiciel que de passer de scientifique à chef d'entreprise. Cela m'a permis également de rencontrer des personnes qui, comme moi, avaient un projet de création d'entreprise et avec qui aujourd'hui j’entretiens des relations amicales et professionnelles. J'y ai trouvé des personnes en charge du suivi des entreprises très compétentes, très impliquées et passionnées par leur travail et surtout un soutien et des conseils précieux aussi bien dans le montage des dossiers de demande de financements publics que pour les levées de fonds. Genepep a ainsi été double lauréat des concours i-Lab du ministère de la recherche. Et des acteurs tels que le BIC de Montpellier et la Banque Populaire du Sud ont eu un rôle crucial dans la vie de l’entreprise, car ils ont su être présents quand, il y a une dizaine d’années, nous avons traversé un moment très difficile. Ensemble, nous avons trouvé des solutions qui ont permis la survie, puis l'évolution de la société.

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes qui veulent créer leur entreprise ?

Je leur conseillerai évidemment en premier lieu de se rapprocher d'une des structures d'accompagnement (Pépite, BIC de Montpellier, Ad'occ, Satt,...) car elles travaillent en réseau et sauront trouver le meilleur interlocuteur en fonction du projet et de son stade de maturité. Je leur recommande aussi de constituer une équipe avec des objectifs et des rôles bien définis, de se confronter le plus rapidement possible à leur marché afin d'adapter leur offre, et d'anticiper le besoin à venir, de ne pas avoir peur de l'échec car on apprend beaucoup, notamment à se relever et à recommencer. Et enfin de ne pas rester seul face à ses interrogations et ses projets. En résumé, un doux équilibre entre l'écoute, la réflexion, la décision, l'action, l'adaptation et la ténacité.

Comment imaginez-vous l’entreprise innovante de demain à Montpellier ?

Je miserais sur la santé (dispositifs médicaux, diagnostic, biomatériaux, e-santé,...) pour les raisons énoncées plus haut : la qualité de la recherche, la richesse et la diversité des startups à Montpellier. Le second type de société innovantes qui peut se développer à Montpellier, c'est le sport tech au sens large (nouvelles applications, nouveaux outils connectés, e-sport, ....) car là également l'écosystème est porteur : sport de haut niveau, besoin technologique associé, université et recherche de pointe, financements dédiés, etc. Nous avons des équipes sportives d'envergure. L'an dernier, Montpellier a été championne d'Europe de handball et finaliste du championnat de France de rugby. Sans compter l'accueil de manifestations sportives comme l'e-sport… La première société de sport tech à être entrée en bourse est montpelliéraine (Vogo, fin d'année 2018). Le premier instrument privé de financement sport tech est montpelliérain : Agileo, dont je fais partie et qui regroupe des chefs d'entreprises et des sportifs qui financent et aident au développement de sociétés innovantes essentiellement dans le domaine du sport. Depuis sa création fin 2017, Agileo a investi 1,8 millions d’euros dans 4 sociétés.

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